Aller au contenu
Motricité et coordination

Trouble développemental de la coordination : comprendre, repérer et accompagner

Par Yousra Ibenbrahim, psychomotricienne 4 min de lecture

Le trouble développemental de la coordination (TDC) peut rendre certains gestes du quotidien plus difficiles à apprendre et à réaliser : s’habiller, utiliser des couverts, dessiner, écrire, courir ou attraper un ballon. Le mot « dyspraxie » est encore souvent employé pour parler de ces difficultés. Le terme TDC est aujourd’hui privilégié par de nombreux professionnels de santé, car « dyspraxie » peut désigner des réalités différentes.

Un enfant qui tombe parfois, écrit lentement ou n’aime pas le sport n’a pas forcément un TDC. Ce qui doit attirer l’attention, c’est un ensemble de difficultés de coordination qui durent, sont marquées pour son âge et gênent réellement sa vie quotidienne, ses apprentissages ou sa participation aux jeux. Seul un professionnel compétent peut évaluer la situation et poser un diagnostic.

Comment les difficultés peuvent-elles se manifester ?

Elles varient d’un enfant à l’autre et évoluent avec ce qu’on lui demande de faire. Chez les plus jeunes, certains gestes moteurs ou manipulations de jouets peuvent sembler difficiles. À l’école, les difficultés peuvent apparaître dans le dessin, le découpage, l’écriture, l’utilisation du matériel ou les jeux de ballon. Plus tard, elles peuvent concerner la prise de notes, l’organisation de gestes successifs, les activités sportives ou des tâches pratiques qui demandent précision et coordination.

Un enfant peut avoir besoin de davantage de temps pour apprendre un geste, le répéter souvent ou s’y reprendre plusieurs fois. Il peut éviter une activité après des expériences difficiles, se fatiguer ou se décourager. Ces réactions ne signifient pas qu’il est paresseux ou qu’il ne fait pas d’efforts. Elles ne permettent pas non plus, à elles seules, d’identifier un TDC. Les capacités et les besoins changent selon les enfants et les situations.

Le TDC ne signifie pas que l’enfant manque d’intelligence. Il peut toutefois rendre certaines tâches scolaires ou quotidiennes plus coûteuses et affecter la confiance en soi, surtout si ses difficultés sont mal comprises ou s’il est souvent comparé aux autres.

Que peut-on essayer au quotidien ?

L’objectif est de faciliter la participation et l’autonomie, sans transformer chaque difficulté en épreuve. Vous pouvez observer les moments où votre enfant rencontre un obstacle et lui demander ce qui l’aiderait. Selon la tâche, ces pistes simples peuvent être utiles :

  • Décomposer un geste complexe en petites étapes et montrer chaque étape calmement.
  • Lui laisser le temps nécessaire, avec des occasions régulières de s’exercer sans pression.
  • Adapter le matériel ou l’environnement quand cela simplifie vraiment la tâche.
  • Valoriser ses efforts, ses progrès et ses réussites plutôt que la vitesse ou la comparaison.
  • Échanger avec l’école pour chercher des aménagements cohérents avec ses besoins.

Les aides gagnent à être choisies en fonction de l’enfant et de ses difficultés concrètes. Une astuce adaptée à l’un ne conviendra pas forcément à un autre.

Quand demander un avis professionnel ?

Si les difficultés persistent, touchent plusieurs activités ou empêchent votre enfant de participer comme il le souhaite, parlez-en à un professionnel de santé qui connaît son développement. Vous pouvez décrire des exemples précis : ce qui est difficile, depuis quand, dans quels contextes et ce qui aide déjà. Selon la situation et les professionnels disponibles, une évaluation plus approfondie ou l’avis d’autres spécialistes pourra être proposé.

Le parcours d’évaluation dépend des professionnels et des services disponibles là où vous vivez. Le diagnostic ne peut pas être déduit d’une liste de signes ou d’un seul bilan : si un TDC est envisagé, demandez à un professionnel de santé quel spécialiste peut coordonner l’évaluation et quelles aides sont adaptées à votre enfant.

Le TDC peut accompagner une personne au-delà de l’enfance, même si ses manifestations changent avec l’âge et les activités. Pour un enfant ou un adolescent, chercher de l’aide ne consiste pas à lui coller une étiquette : c’est une façon de comprendre ses difficultés et de trouver des soutiens adaptés. En cas de doute, le premier pas peut simplement être d’en parler à un professionnel de santé.

Chaque enfant est unique : cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l'avis d'un professionnel.

Vous vous posez des questions sur votre enfant ?

Je vous reçois dans mon cabinet de psychomotricité à Bouskoura – Casablanca pour en parler ensemble.